Crise financière… ou du macronisme ?
Cette rentrée est marquée par une mise en scène grossière du pouvoir : pour sauver son gouvernement minoritaire, Bayrou agite le spectre d’une crise financière. Mais derrière les menaces, une vérité s’impose : la seule crise en cours, c’est celle du macronisme.
La peur comme dernière arme politique
Depuis août, le peuple a prévenu : un mouvement social de masse se prépare le 10 septembre pour bloquer la politique de Macron. Alors le gouvernement réagit. Bayrou a annoncé un vote de confiance… deux jours avant la mobilisation. Répétant à l’envie un seul argument : la menace d’une « crise financière » en cas de chute de son gouvernement.
Son ministre de l’économie Eric Lombard a même osé évoquer… une intervention du FMI ! Avant de rétropédaler l’après-midi même, sans doute après que ses conseillers lui aient rappelé que nous sommes en 2025 et dans la zone euro... Car dans le cas hautement hypothétique où la France aurait du mal à se financer, ce serait le Mécanisme européen de stabilité (MES) qui interviendrait – institution créée en 2012 précisément pour éviter la tutelle du FMI. Mais évidemment, « MES » fait moins peur que « FMI ». Alors on agite l’épouvantail.
Ce n’est pas la première fois qu’ils jouent avec les peurs : on nous avait déjà menacé d’une intervention du FMI en cas de gouvernement NFP, puis de cartes vitales qui ne fonctionneraient plus en cas de censure du gouvernement. Stratégie éprouvée : souffler sur les braises de la peur pour imposer le fameux There is no alternative.
Créer le chaos pour imposer l'austérité
Mais les annonces catastrophistes ne sont pas sans effet. Quand un ministre de l’économie proclame que les taux d’intérêts vont augmenter, il n’informe pas, il prophétise. Et il crée lui-même les conditions de la panique qu’il prétend conjurer.
C’est un vieux classique : souvenons-nous de la Grèce en 2011, attaquée par les marchés après l’annonce d’un référendum, puis placée sous tutelle bancaire via un gouvernement “d’union nationale”. C’est toujours la même mécanique : quand la démocratie résiste à l’austérité, les marchés deviennent l’instrument de son contournement. La peur financière sert d’argument suprême pour faire taire tout débat.
Le MEDEF - dernier soutien du gouvernement - accompagne évidemment la manœuvre : depuis lundi, son président occupe tous les plateaux télé pour exiger la « responsabilité » aux partis d’opposition et aux Français… tout en refusant toute hausse d’impôt sur les entreprises ou les fortunes ! Traduction : austérité pour le peuple, silence pour l’opposition politique et impunité pour les privilégiés.
Mais la France de 2025 n'est pas la Grèce de 2010
Mais la démonstration ne tient pas. En 2010, la Grèce empruntait à plus de 10 % à dix ans, taux qui a même atteint les 34 %. Aujourd’hui, la France emprunte à… 3,5 % ! La charge de la dette représente environ 2 % du PIB, soit moins qu’en 2000. Le déficit français est trois fois moins important que celui de la Grèce en 2009. Et la France dispose d’une épargne abondante, d’un patrimoine public supérieur à sa dette et reste l’un des meilleurs élèves de l’Union européenne selon les agences de notation : 6e note la plus élevée sur 27 pays selon Fitch et S&P. Enfin, preuve ultime : la dette française continue d’être massivement demandée par les marchés. En janvier, le Trésor a proposé 10 milliards d’euros de bons… et a reçu 130 milliards de demandes !
Bref : non, la France n’est pas la Grèce.
Macron, vrai responsable du chaos
Le paradoxe, c’est que si la France devait perdre la confiance des marchés, ce serait uniquement la faute de Macron. Cela fait treize ans qu’il tient la politique économique du pays, d’abord à l’ombre de Hollande, puis comme Président.
Résultat : l’économie réelle est en ruines. Pour la première fois depuis 1945, la part de l’industrie est tombée sous les 10% du PIB. Le déficit commercial est de 82 milliards d’euros, soit presque deux fois plus qu’en 2016. Et la croissance plafonne à 0,6 %...
Depuis 2017, il a creusé la dette en multipliant les cadeaux aux ultra-riches. Ainsi, les recettes publiques ont diminué de 2,5 % du PIB, soit 75 milliards d’euros chaque année et la dette publique a augmenté de plus de 1 000 milliards d’euros. Résultat : la fortune des 500 plus grandes fortunes a doublé pour dépasser les 1 200 milliards d’euros. Et le taux de pauvreté atteint le triste record de 15,4 %, soit 1,1 million de pauvres de plus depuis 2017.
Voilà la véritable irresponsabilité budgétaire : détruire les finances publiques au seul profit des ultra-riches. Le peuple réagit donc logiquement en menaçant de “tout bloquer” le 10 septembre. Instabilité politique, sociale et budgétaire : le cocktail parfait pour créer le chaos sur les marchés.
Tourner la page du macronisme pour rétablir la stabilité
La conclusion est claire : la véritable crise porte un nom, celui d’Emmanuel Macron. Comme Liz Truss en 2022 au Royaume-Uni, emportée par la panique financière qu’elle avait elle-même provoquée du fait de ses cadeaux fiscaux, il doit partir. La seule issue, ce sont des élections présidentielles anticipées. Même des voix inattendues, comme celles de Jean-Michel Aphatie ou Jean-François Copé, les réclament désormais pour éviter le chaos.
Oui, cette instabilité politique inquiétera peut-être les marchés à court terme. Mais nous ne devons pas les laisser nous dicter notre politique. En outre, à moyen terme, cela apportera une vraie stabilité : un gouvernement légitime qui relance l’économie et apaise le pays. Bien plus rassurant, y compris pour les marchés, qu’une instabilité chronique entretenue par un gouvernement minoritaire et discrédité.
Nous avons un projet clair : à court terme, il faut rétablir les recettes en revenant sur les privilèges fiscaux accordés par Macron et utiliser cet argent à bon escient. Rappelons qu’à l’automne 2024, nous sommes parvenus à dégager des majorités à l’Assemblée nationale pour faire adopter 75 milliards d’euros de recettes nouvelles, tout en épargnant 99,9% de la population. Finalement balayé par un énième 49.3. L’Espagne montre la voie : quand on taxe les plus riches et qu’on investit les recettes engendrées dans le social, on obtient croissance et confiance. A l’inverse de l’Allemagne qui paie son entêtement à appliquer une politique néo-libérale en entrant en récession.
A plus long terme, pour que le peuple reste le seul souverain, il faudra réduire notre dépendance aux marchés financiers et aux investisseurs étrangers. Nous pourrions par exemple pousser les banques et assurances françaises à utiliser une partie de leurs fonds pour racheter des titres de dette, ce qui fera mécaniquement baisser les taux et nous assurera un mode de financement pérenne.
Macron ne tient qu’en jouant avec les peurs - ce qui est le propre de tout projet politique extrémiste. Mais le peuple français n’a peur ni de Macron, ni des marchés financiers. Il sait qu’il est le seul souverain.
Alors notre rôle est de l’accompagner pour faire de cette rentrée politique un moment historique : le 8 septembre on fait tomber Bayrou et le 10 on fait partir Macron ! Et de nous tenir prêt à prendre la suite s’il en décidait ainsi.